Mamoudzou : à Kawéni, le chantier Caribus associé à une mobilité cyclable crédible

23 Août 2026 | Actu, DOMTOM, Travaux

À Mayotte, le vélo ne peut pas rester une idée abstraite

Le chantier Caribus à Kawéni, dans la commune de Mamoudzou, dépasse largement la seule question du bus. Il touche à un point plus large et rarement traité sérieusement dans les territoires ultramarins : la place réelle des mobilités actives sur des axes saturés, où la dépendance à la voiture finit par paralyser tout le monde.

Le 20 août 2026, lors d’une visite de terrain, la CADEMA a assumé un discours assez clair : les travaux vont durer, la circulation restera difficile, et il faudra changer d’habitudes. Sur le fond, le message n’est pas absurde. Mais il ne peut être crédible qu’à une condition : offrir de vraies alternatives, pas seulement les invoquer.

Ce que le chantier change

Selon les éléments publiés par la presse mahoraise et relayés dans l’alerte locale :

  • la phase 2 nord du projet Caribus concerne un axe majeur de la zone de Kawéni ;
  • l’objectif est d’aménager une voie réservée en site propre pour les futurs bus ;
  • les travaux doivent durer environ trois ans ;
  • le projet global intègre cinq kilomètres de pistes cyclables sécurisées ;
  • d’importants réseaux souterrains sont déplacés et enfouis, notamment pour mieux résister aux épisodes cycloniques.

Ce dernier point est loin d’être secondaire. Quand une infrastructure de transport s’accompagne aussi d’une mise à niveau des réseaux, on touche à la robustesse du territoire, pas seulement au confort de circulation.

Le point le plus intéressant : sortir le vélo de l’angle mort

L’article de terrain publié à Mayotte rappelle une réalité simple : il n’existe pas aujourd’hui de piste cyclable à Kawéni alors même que le secteur concentre une part considérable des flux quotidiens.

Dans ce contexte, parler de mobilités douces sans créer de conditions de sécurité n’a pas beaucoup de sens. En revanche, intégrer plusieurs kilomètres de pistes cyclables sécurisées dans un projet structurant change la donne. Cela ne réglera pas tout, mais cela évite de refaire une infrastructure lourde en oubliant encore une fois les déplacements non motorisés.

Un sujet très français, et trop rarement traité

On parle souvent des pistes cyclables comme d’un sujet de centre-ville métropolitain. Le cas de Mamoudzou rappelle autre chose : dans les territoires ultramarins aussi, la question de la continuité, de la sécurité et de l’accès aux zones d’activité est décisive.

À Kawéni, le défi est même plus rude qu’ailleurs :

  • trafic dense ;
  • axe stratégique unique ;
  • fortes contraintes de chantier ;
  • vulnérabilité des réseaux ;
  • peu de marge pour improviser des alternatives au dernier moment.

C’est précisément pour cela que la présence annoncée de pistes cyclables dans le projet mérite attention. Pas comme accessoire vert, mais comme composante d’un système de déplacement enfin un peu plus diversifié.

En clair

À Kawéni, le chantier Caribus ne doit pas être lu seulement comme un projet de transport collectif. Il ouvre aussi une fenêtre pour faire entrer enfin le vélo et les mobilités actives dans un secteur où elles étaient jusqu’ici pratiquement absentes des infrastructures. Si les cinq kilomètres de pistes cyclables sécurisées annoncés sont réellement bien intégrés, ce sera un signal important pour Mayotte et, plus largement, pour la manière dont la France traite ses mobilités du quotidien en outre-mer.

Sources

  1. Outre-mer La 1ère, Travaux à Kawéni : le président de la Cadema à vélo pour montrer la voie
    https://la1ere.franceinfo.fr/mayotte/travaux-a-kaweni-le-president-de-la-cadema-a-velo-pour-montrer-la-voie-1729522.html
  2. Le Journal de Mayotte, Réseau Caribus à Kawéni ou l’appel à changer de moyens de transports
    https://lejournaldemayotte.yt/2026/08/21/reseau-caribus-a-kaweni-ou-lappel-a-changer-de-moyens-de-transports/