Alors que les élections municipales de mars 2026 approchent à grands pas, la question de la mobilité douce est plus que jamais au cœur des débats dans la capitale comtoise. Ce mercredi 11 février, nos confrères de L’Est Républicain ont mouillé le maillot en accompagnant l’Association Vélo Besançon (AVB) pour un état des lieux sur le terrain. Le verdict ? Un bilan en demi-teinte, symptomatique d’une ville en pleine transition.
Des progrès indéniables…
Il serait malhonnête de dire que rien ne bouge. Besançon a fièrement intégré le Top 10 des grandes villes cyclables au dernier Baromètre FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette) publié fin 2025, avec une note honorable de 3,67/6. Une reconnaissance qui valide une politique volontariste.
Les cyclistes du quotidien ont pu voir fleurir de nouveaux aménagements structurants ces derniers mois. On pense notamment aux travaux réalisés sur des axes majeurs comme la rue de Dole ou la route de Gray, qui visent à sécuriser les trajets pendulaires. La carte interactive « Besançon se métamorphose », défendue par la municipalité sortante, recense d’ailleurs une dizaine de projets majeurs livrés ou en cours sur le mandat 2020-2026, témoignant d’une volonté de mailler le territoire.
… mais des « points noirs » qui persistent
Cependant, la balade d’hier avec l’AVB a mis en lumière la réalité parfois plus brute du terrain. Si les grands axes s’améliorent, la discontinuité cyclable reste l’ennemi numéro un du cycliste bisontin.
Le constat est clair : passer d’une piste sécurisée flambant neuve à un carrefour complexe sans aménagement spécifique reste une source de stress majeure. Le sentiment de sécurité global, noté « D » (Moyennement favorable) dans le dernier baromètre, reflète cette inquiétude. Les « coupures » urbaines obligent encore trop souvent les usagers à se mêler à un trafic dense ou à faire des détours dissuasifs.
L’association pointe également du doigt la nécessité d’aller plus loin que la simple peinture au sol. Pour convertir les plus hésitants — et pas seulement les sportifs aguerris — la séparation physique des voies et le traitement sécurisé des intersections sont des impératifs que les futurs élus devront inscrire en priorité dans leur agenda.
2026 : L’année du choix ?
Avec une part modale du vélo qui pourrait atteindre les 20 % sur certains trajets, Besançon a le potentiel pour devenir une référence. Mais pour passer du statut de « bon élève » à celui de « modèle », il faudra s’attaquer à ces fameux points noirs. Les cyclistes attendent désormais de la « dentelle » : des connexions fines, du stationnement sécurisé en nombre et une maintenance irréprochable des pistes existantes.
La dynamique est là, les roues tournent, mais le sprint final pour une ville 100% cyclable reste à lancer.
