À Montpellier, verbaliser sur l’avenue Clemenceau sans alternative cyclable convaincante pose un vrai problème.
Un axe interdit aux cycles, mais encore largement emprunté
À Montpellier, la mise en service de la ligne 5 du tramway a rebattu les cartes sur l’avenue Clemenceau. Les cyclistes et usagers d’EDPM n’ont plus le droit d’emprunter la plateforme du tram, et la ville a annoncé une campagne de verbalisation pour faire respecter cette règle.
Sur le principe, l’interdiction se comprend. Faire circuler vélos et tramways sur la même plateforme n’est ni confortable, ni vraiment soutenable en matière de sécurité. Même l’association Vélocité le reconnaît. Le problème est ailleurs : beaucoup d’usagers continuent d’y passer parce que les itinéraires de report ne sont pas encore assez lisibles, directs et rassurants.
Interdire sans finir le réseau, c’est déplacer la difficulté
C’est tout le cœur du sujet. Vélocité demande la suspension des verbalisations, non pas pour défendre la circulation sur les rails, mais parce que les alternatives annoncées via Chaptal à l’ouest et Rondelet – Ernest Michel à l’est restent jugées insuffisamment attractives.
Le reproche mérite d’être entendu. Quand un axe central est fermé au vélo, la question n’est pas seulement réglementaire. Elle devient immédiatement urbaine. Où passe-t-on à la place ? Dans quelles conditions ? Avec quel niveau de sécurité aux intersections ? Et avec quelle lisibilité pour quelqu’un qui découvre le secteur ou qui cherche simplement le trajet le plus évident ?
Une séquence très révélatrice des limites du “on verra après”
Ce dossier montre une faiblesse assez classique : on inaugure un grand projet structurant, ici une ligne de tramway, mais la couture fine avec le réseau cyclable arrive plus tard, ou trop tard. Résultat, les usages réels débordent du cadre prévu, puis la réponse tombe sous forme d’amendes.
Dans son interpellation publique, Vélocité demande surtout deux choses simples : mieux jalonner les itinéraires de substitution et sécuriser les points difficiles, notamment autour de Rondelet et de Grand Saint-Jean. Dit autrement, rendre l’alternative crédible avant de punir son absence d’évidence.
La bonne priorité reste la continuité, pas seulement la sanction
Montpellier a raison de rappeler que la plateforme du tram n’est pas un espace cyclable. Mais la collectivité aurait tout intérêt à traiter ce moment comme un test grandeur nature de son réseau. Si un grand nombre d’usagers persistent à passer par là, ce n’est pas seulement un problème de discipline. C’est souvent le signe qu’un itinéraire direct du quotidien n’a pas encore trouvé son remplaçant acceptable.
Sur les mobilités actives, la règle fonctionne beaucoup mieux quand l’alternative est claire, continue et naturelle. Sinon, la verbalisation risque surtout de révéler un manque d’infrastructure déjà bien connu sur le terrain.
Sources
- Actu.fr — Montpellier : Vélocité demande l’arrêt des verbalisations sur Clémenceau
https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/montpellier-velocite-demande-l-arret-des-verbalisations-sur-clemenceau_64284577.html - En Commun Montpellier — Clemenceau – Saint-Denis : respecter les règles sur les plateformes de tramway
https://encommun.montpellier.fr/articles/2026-05-24-clemenceau-saint-denis-respecter-les-regles-sur-les-plateformes-de-tramway - Midi Libre — Circulation des vélos et trottinettes sur l’avenue Clemenceau : Vélocité demande la suspension des verbalisations
https://www.midilibre.fr/2026/05/18/circulation-des-velos-et-trottinettes-sur-lavenue-clemenceau-velocite-demande-la-suspension-des-verbalisations-13376935.php
