Une ouverture qui ne concerne pas que les voitures
L’ouverture de la deuxième tranche de la LINO Sud dans la métropole européenne de Lille a logiquement été présentée comme un chantier de circulation et de délestage du trafic. Mais pour les mobilités du quotidien, il y a un autre point à regarder de près : le projet intègre aussi une piste cyclable bidirectionnelle, un trottoir et des aménagements plus lisibles sur un secteur jusqu’ici dominé par la logique routière.
Cette nouvelle tranche représente 2,35 km de voiries nouvelles et requalifiées, avec notamment la requalification de la M952 et de la rue des Lostes, ainsi que la création d’une voie nouvelle vers la rue Georges-Potié à Loos.
Le vrai intérêt, c’est d’éviter le tout-voiture sur un axe refait à neuf
Quand une grande opération de voirie se contente d’ajouter de la capacité automobile, elle fige souvent les habitudes pour longtemps. Ici, la Métropole européenne de Lille met au moins sur la table une autre lecture de l’espace : gérer le trafic de transit, oui, mais aussi créer des conditions plus correctes pour les mobilités actives.
La présence d’une piste bidirectionnelle n’est donc pas un détail décoratif. Sur ce type de liaison, elle peut donner de la continuité à des trajets intercommunaux très concrets, notamment entre zones d’habitat, équipements, gares et pôles d’emploi.
Un aménagement à juger sur sa continuité réelle
Comme souvent, tout dépendra maintenant de l’expérience de terrain. Une piste cyclable sur un tronçon neuf est utile si elle se raccorde correctement avant et après, si les traversées sont lisibles, et si elle ne se transforme pas en infrastructure isolée au bout de quelques centaines de mètres.
Le communiqué métropolitain insiste sur l’objectif d’itinéraires cyclables sécurisés, de réduction des nuisances automobiles et d’amélioration des cheminements piétons. C’est la bonne direction. Mais sur les grands axes métropolitains, la qualité des raccordements reste la question décisive.
Un signal intéressant pour les projets futurs
Le chantier, financé à hauteur de 39 millions d’euros TTC par la MEL, montre en tout cas qu’un projet routier majeur peut aussi réserver une part visible aux déplacements à vélo et à pied. Ce n’est pas encore une garantie de bascule massive des usages, mais c’est au moins un signal plus crédible que les promesses vagues de “mobilité douce” sans espace dédié.
Dans le secteur sud-ouest de la métropole lilloise, cette ouverture mérite donc d’être suivie de près. Parce qu’un axe refait à neuf peut soit reconduire les déséquilibres habituels, soit commencer à corriger un peu le partage de la voirie.
Sources
- Métropole européenne de Lille — La deuxième tranche de la LINO Sud est ouverte : une transformation pour les mobilités douces, du temps gagné pour tous
https://www.lillemetropole.fr/communique-de-presse/la-deuxieme-tranche-de-la-lino-sud-est-ouverte-une-transformation-pour-les - Métropole européenne de Lille — LINO Sud
https://www.lillemetropole.fr/lino-sud - La Voix du Nord — Ce que va changer le deuxième tronçon de la LINO
https://www.lavoixdunord.fr/1700450/article/2026-05-05/39-millions-pour-2-35-km-ce-que-va-changer-le-deuxieme-troncon-de-la-lino-dans
