Intermodalité
Harfleur, 8 289 habitants, est une ville qui a été un port. Pas un port de pêche : un port royal, d’où partirent les expéditions normandes vers l’Angleterre, et que les Anglais assiégèrent en 1415 avant Azincourt. La mer s’est retirée, le port s’est envasé, et il ne reste aujourd’hui qu’un bourg médiéval serré autour de son église, à cinq kilomètres du Havre. Mais le passé maritime est partout : dans les maisons à pans de bois, dans les traces de remparts, dans le musée du Prieuré installé dans une auberge du XVe siècle où descendaient les marins.
Comment rouler à Harfleur
Vers l’estuaire
Harfleur se situe dans le département de Seine-Maritime (76), en région Normandie, à l’est du Havre, dans la vallée de la Lézarde. La commune appartient à la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole (EPCI 200084952) et compte 8 289 habitants (code INSEE 76341, code postal 76700).
Le site est un fond de vallée, encaissé entre les plateaux du pays de Caux. La Lézarde, qui reçoit la Rouelles et le Saint-Laurent, traverse la commune avec un dénivelé notable : c’est un relief de vallée, pas de plaine, et cela compte pour le vélo. À l’ouest, l’estuaire de la Seine, les zones industrialo-portuaires et, plus loin, le pont de Normandie. Au nord, le plateau et les communes de Montivilliers et d’Épouville. À l’ouest, Le Havre, à environ 5 km.
Le patrimoine médiéval est le vrai marqueur. L’église Saint-Martin, attestée dès 1035, reconstruite après la guerre de Cent Ans, avec sa tour-clocher de la fin du XVe siècle haute de 83 mètres, surnommée « phare du pays de Caux » au XIXe siècle, classée monument historique depuis 1840. Son portail occidental, remanié en 1630, porte les blasons de Louis XIII, de Louise de L’Hospital et de Richelieu. À l’intérieur, un graffiti mural du XIVe siècle représente la ville fortifiée vue depuis le port, et quinze verrières de Bernard Piffaretti sur le thème du partage ont été posées en 2012, sur 280 m². Le musée du Prieuré occupe une auberge du XVe siècle fréquentée par les marins du port royal, et la ville conserve la trace de ses remparts médiévaux.
En train, la commune dispose d’une halte, Harfleur-Halte, sur la ligne de la vallée de la Lézarde, desservie par le TER Normandie vers Le Havre, Montivilliers et Rolleville. À noter : la halte voisine de Jacques-Monod-la-Demi-Lieue, sur la même ligne, n’est plus desservie depuis septembre 2024 et doit devenir une station de la ligne C du tramway du Havre en 2027 — un chantier à suivre, car il modifie l’offre ferroviaire du secteur.
Aujourd’hui, Harfleur a retrouvé une fonction de passage — et cette fois, c’est le vélo. La commune est l’une des huit étapes métropolitaines de La Seine à Vélo, entre Gonfreville-l’Orcher et Le Havre. Les guides d’itinéraire le disent sans détour : le cœur médiéval d’Harfleur « ralentira votre arrivée au Havre ». C’est exactement le rôle de la ville : le dernier village avant la ville reconstruite d’Auguste Perret, et la dernière occasion de rouler au calme.
La Seine à Vélo. C’est l’axe structurant, et Harfleur est dessus. L’itinéraire arrive de l’est par Rogerville et Gonfreville-l’Orcher, traverse la commune, puis rejoint Le Havre. Le guide de l’étape Lillebonne – Le Havre précise un point important : depuis Rogerville, une voie verte permet d’entrer dans Le Havre en contournant l’échangeur de La Brèque, après Harfleur. Autrement dit, la partie la plus désagréable de l’arrivée havraise — le nœud autoroutier — est évitée par un aménagement dédié. C’est rare et précieux.
Dans la ville. Le centre ancien est étroit, avec des rues médiévales, des maisons à pans de bois et un trafic apaisé par la géométrie des lieux plus que par les aménagements. La mairie signale une liaison piétonnière et cyclable aménagée rue de la Gaieté, dans le cadre d’un travail commun à l’agglomération havraise sur le partage de la voirie entre cycles et piétons. C’est le type d’aménagement discret qui ne figure sur aucune carte nationale mais qui change un trajet quotidien.
La vallée de la Lézarde. C’est le terrain de jeu local : une vallée verte qui monte vers Montivilliers et Épouville, avec la ligne de chemin de fer comme fil conducteur. Le dénivelé y est modéré, mais réel — la rivière a « un important dénivelé », selon le Pays d’art et d’histoire. C’est un parcours de type voie verte urbaine et periurbaine, agréable, sans difficulté technique.
Vers Le Havre. Environ 5 km. L’intérêt de Harfleur, c’est que cette distance est faisable à vélo sans passer par les axes rapides, grâce à la voie verte issue de Rogerville. Pour un habitant qui travaille au Havre, c’est un vrai basculement possible.
Vers l’estuaire. La Vélomaritime — l’EuroVelo 4, plus de 1 500 km le long de la Manche et de la mer du Nord — croise La Seine à Vélo sur la plage du Havre. Le tronçon Le Havre – Étretat est l’un des plus spectaculaires du réseau.
Rouler au quotidien à Harfleur
Avec 8 289 habitants, Harfleur est une commune urbaine de première couronne havraise, pas un village. Elle dispose de commerces, d’écoles, d’équipements, et surtout d’une proximité immédiate avec Le Havre — cinq kilomètres, la distance idéale pour le vélo utilitaire.
Le contexte métropolitain est favorable. Le Plan Vélo 2022-2030 de Le Havre Seine Métropole vise une part modale du vélo de 8 % en 2033, soit une multiplication par quatre, et 450 km d’itinéraires cyclables en 2030, dont 265 km à créer sur les 185 km existants. La répartition annoncée est de 40 % en site propre ou partagé — pistes, voies vertes, bandes cyclables, zones de rencontre — et 60 % en site mixte : zones 30, vélorues, jalonnement, chaussées à voie centrale banalisée. Deux réseaux express vélo sont programmés, l’un vers Goderville sur l’ancienne ligne de chemin de fer, l’autre vers Saint-Romain-de-Colbosc.
Pour Harfleur, cela signifie deux choses. D’abord, la commune est déjà irriguée par un itinéraire national, ce qui est un privilège que peu de villes de cette taille ont. Ensuite, les liaisons quotidiennes vers Montivilliers, Épouville ou Gonfreville dépendent du déploiement du plan métropolitain, et non d’un schéma municipal propre.
Le vélo en libre-service et la location existent à l’échelle de la métropole : LiAvélos, opéré par le délégataire Transdev Le Havre, propose vélos classiques, électriques et pliables, à la courte durée comme à l’année. Le Plan Vélo prévoit par ailleurs des bornes de réparation et des bornes de recharge pour VAE sur le territoire, ainsi que 90 places de stationnement sécurisé en gare du Havre.
La limite : Harfleur reste une commune de vallée, avec des coteaux raides de part et d’autre. Les trajets vers le plateau — vers Montivilliers par les hauteurs, ou vers les communes du pays de Caux — demandent des jambes ou une assistance.
Voies vertes et véloroutes
La Seine à Vélo®. Véloroute qui suit le fleuve de Paris à la mer, présentée par la Métropole comme 420 km de pistes cyclables, en sites propres ou en voies partagées ; France Vélo Tourisme annonce de son côté 510 km d’itinéraire — l’écart entre les deux chiffres correspond vraisemblablement à des périmètres différents (linéaire aménagé contre itinéraire complet), et mérite vérification. Sur le territoire de Le Havre Seine Métropole, elle traverse huit communes : La Cerlangue, Saint-Vigor-d’Ymonville, Sandouville, Oudalle, Rogerville, Gonfreville-l’Orcher, Harfleur et Le Havre. Le final est spectaculaire et industriel : on passe sous le pont de Tancarville, suspendu à 123 mètres au-dessus de la Seine, achevé en 1959, premier grand pont entre Rouen et Le Havre ; la voie verte longe ensuite le canal, avec les champs, l’industrie et les falaises en toile de fond, et le pont de Normandie qui se profile.
La Vélomaritime®. EuroVelo 4, plus de 1 500 km le long de la Manche et de la mer du Nord. Elle croise La Seine à Vélo sur la plage du Havre, à quelques kilomètres de Harfleur. Le tronçon Le Havre – Étretat est cité comme l’un des plus beaux du réseau.
Les voies vertes métropolitaines. Le Plan Vélo distingue explicitement les « liaisons de type voies vertes », qui permettent aux cyclistes — et, en milieu rural, aux piétons et cavaliers — d’emprunter des axes apaisés, plus confortables et donc plus sûrs. C’est exactement le rôle de la voie verte issue de Rogerville : elle transforme l’approche du Havre, qui serait autrement un enchaînement de ronds-points et de voies rapides.
Ce qui manque encore. Aucune véloroute ne relie Harfleur à Montivilliers ou à la vallée de la Lézarde en site propre continu. Le Plan Vélo prévoit des itinéraires de proximité d’environ 5 km reliant chaque pôle d’attractivité, avec jalonnement sur les liaisons intercommunales plus longues ou escarpées : c’est le chantier à suivre pour la décennie.
Services vélo
- Itinéraire national : La Seine à Vélo traverse la commune ; Harfleur est l’une des huit étapes métropolitaines, entre Gonfreville-l’Orcher et Le Havre.
- Voie verte de Rogerville : liaison aménagée permettant de rejoindre Le Havre en contournant l’échangeur de La Brèque.
- Aménagement local : liaison piétonnière et cyclable rue de la Gaieté.
- Location : LiAvélos (Transdev Le Havre), vélos classiques, électriques et pliables, courte durée ou annuelle, à l’échelle de la métropole.
- Halte ferroviaire : Harfleur-Halte, TER Normandie vers Le Havre, Montivilliers et Rolleville. Emport des vélos à vérifier selon les trains.
- Cartographie : carte « Tous à vélo » éditée par la Métropole, avec points de gonflage et parcs à vélo, téléchargeable et disponible dans les lieux culturels et touristiques ; version interactive sur tousavelo.lehavreseinemetropole.fr.
- Équipements programmés : haltes vélo le long de La Seine à Vélo et de la Vélomaritime, bornes de réparation et bornes de recharge VAE inscrites au Plan Vélo 2030.
- Réparation : offre non établie dans la commune ; les ateliers sont au Havre.
- Hébergements Accueil Vélo : non établi à ce stade.
Pour aller au-delà de la commune
- Vers Le Havre (ouest) : par La Seine à Vélo et la voie verte issue de Rogerville, en contournant l’échangeur de La Brèque ; environ 5 km.
- Vers Gonfreville-l’Orcher et Rogerville (est) : par La Seine à Vélo, en direction de Tancarville et du pont de Normandie.
- Vers Montivilliers et Épouville (nord) : par la vallée de la Lézarde, sur les routes et la ligne de chemin de fer.
- Vers la plage du Havre (ouest) : point de rencontre avec la Vélomaritime et son tronçon Le Havre – Étretat.
- Vers Étretat (nord-ouest) : par la Vélomaritime, sur les falaises.
- Vers Paris (est) : par La Seine à Vélo, en remontant le fleuve par Lillebonne, Caudebec et Rouen.
- En train : Harfleur-Halte, TER Normandie vers Le Havre, Montivilliers et Rolleville.
Sources et ressources utiles
- Le Havre Seine Métropole, le territoire se vit à vélo (La Seine à Vélo, 420 km de pistes cyclables, huit communes traversées dont Harfleur, Vélomaritime croisée sur la plage du Havre, 160 km de réseau cyclable métropolitain, carte Tous à vélo, LiAvélos)
- Le Havre Seine Métropole, Plan Vélo 2022-2030 (8 % de part modale en 2033, 450 km d’itinéraires cyclables en 2030 dont 265 km à créer, 40 % en site propre ou partagé et 60 % en site mixte, deux réseaux express vélo, haltes vélo sur les véloroutes, bornes de réparation et de recharge VAE, 90 places sécurisées en gare du Havre)
- La Seine à Vélo, étape Lillebonne – Le Havre (pont de Tancarville de 123 mètres achevé en 1959, voie verte le long du canal, cœur historique d’Harfleur et ses maisons médiévales avant Le Havre, voie verte depuis Rogerville contournant l’échangeur de La Brèque)
- La Seine à Vélo, page itinéraire (voie verte le long du canal, paysages industriels et falaises, Harfleur et ses maisons médiévales avant l’arrivée au Havre)
- Mairie d’Harfleur, se déplacer (liaison piétonnière et cyclable aménagée rue de la Gaieté, travail commun à l’agglomération havraise sur le partage de la voirie entre cycles et piétons)

