Quatre kilomètres qui changent bien plus qu’un paysage
Dans le Gard, le nouveau tronçon de voie verte entre Nîmes et Caveirac approche de son achèvement. Vu de loin, on pourrait croire à un chantier de plus. Vu du point de vue des usages, c’est autre chose : la V66 commence enfin à relier la ville à une voie verte déjà bien identifiée, au lieu de laisser les cyclistes longer la RD 40 et sa circulation dense.
Selon Midi Libre, le tracé de 4 km se découvre déjà nettement à l’approche de l’été. Le chantier, lancé mi-octobre 2025, reste dans les temps. Le nouveau parcours part du secteur du giratoire de la RD 40 à la zone d’activités de Saint-Césaire et rejoint le secteur des Terres Rouges à Caveirac.
Le vrai gain, c’est d’éviter enfin l’axe routier
Le bon sujet ici n’est pas seulement la création d’un itinéraire agréable. C’est le fait qu’il devient possible d’éviter un axe routier chargé pour relier deux pôles de vie de manière plus sûre.
Sur cette section, la future voie verte doit notamment offrir :
- une piste bidirectionnelle de 3 mètres de large ;
- une passerelle sur le ruisseau du Rianse ;
- un parcours séparé de la circulation automobile ;
- un raccordement à la voie verte existante en direction de la Vaunage.
Le Conseil départemental du Gard l’assume clairement : ce tronçon doit permettre une continuité cyclable jusqu’à Sommières, soit plus de 30 km au total une fois la liaison pleinement raccordée.
Ce n’est plus seulement une balade, mais un vrai bout de réseau
Dans beaucoup de cas, une voie verte reste cantonnée à une fonction de loisir tant qu’elle démarre “au milieu de nulle part” ou oblige à franchir un secteur routier dissuasif avant d’être atteinte. Le chantier entre Nîmes et Caveirac change précisément cette logique.
Il rend plus crédible :
- l’accès à vélo depuis l’agglomération nîmoise ;
- les trajets de proximité entre communes ;
- les usages mixtes entre balade, vélotaf et déplacements du week-end ;
- la connexion avec un itinéraire existant déjà bien fréquenté dans la Vaunage.
Autrement dit, ce morceau de 4 km joue le rôle classique des chaînons décisifs : il transforme un beau parcours existant en itinéraire réellement accessible.
Un projet financé comme une infrastructure utile
Le montage n’est pas anodin. Midi Libre évoque un coût de plus de 2 millions d’euros, financé avec le Département, Nîmes Métropole, le Fonds vert et le Feder. Le document départemental de novembre 2025 confirmait déjà cette ambition, en présentant le tronçon comme un élément du déploiement du réseau cyclable gardois.
Ce niveau d’investissement dit quelque chose : on n’est pas dans la simple retouche de voirie. On est dans une opération pensée comme un vrai morceau de réseau, avec ses ouvrages, ses raccordements et une logique d’échelle territoriale.
Le point décisif sera la qualité des raccords
Comme souvent, la réussite finale dépendra moins du ruban d’enrobé que des transitions :
- comment on y entre depuis Nîmes ;
- comment on y bascule depuis Caveirac ;
- comment la signalétique accompagne les usagers ;
- et si l’ensemble reste intuitif pour des familles autant que pour des cyclistes du quotidien.
Si ces raccords sont bons, la V66 entre Nîmes et Caveirac fera plus qu’ajouter un joli tronçon. Elle commencera à produire ce que les meilleurs aménagements offrent vraiment : une continuité simple, lisible et suffisamment sûre pour être utilisée sans se poser de question à chaque carrefour.
Sources
- Midi Libre — La nouvelle voie verte entre Nîmes et Caveirac se dessine avant l’été sur 4 km
https://www.midilibre.fr/2026/06/01/la-nouvelle-voie-verte-entre-nimes-et-caveirac-se-dessine-avant-lete-sur-4-km-13397756.php - Conseil départemental du Gard — C’est voté, novembre 2025
https://www.gard.fr/fileadmin/medias/Publications/cestvot%C3%A9/CestVote_28-11-2025.pdf - Département du Gard — Voie verte de la Vaunage
https://gardpleinenature-admin.gard.fr/api/fr/treks/263757/voie-verte-de-la-vaunage.pdf
