Pour beaucoup d’entre nous, l’apparition des trottinettes et autres véhicules à motorisation électrique sur les pistes cyclables était encore un épiphénomène d’une diversification des mobilités durables, au final, plus économique et rapide qu’une voiture en ville.

Mais c’est l’été ! Et vous avez peut-être eu la chance de vous rapprocher de zones touristiques, au bord de l’océan ou sur une île par exemple. Là, vous avez sans doute constaté que le nombre de trottinettes, et autres nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI) a considérablement augmenté avec sans doute une population déjà habituée à la pratique de ces engins à moteur.

Devançant la réglementation qui est attendue pour les prochaines semaines, la ville de Marseille interdit les trottinettes électriques de circuler sur les trottoirs, ainsi que de les jeter dans la Méditerranée… oui, ça paraît évident, mais peut-être pas pour tout le monde.

Et cette cohabitation entre des vélos qui essaient depuis des années de grignoter des mètres à la place prise depuis toujours par la voiture, et de nouveaux entrants, plus rapides, plus légers, plus maniables, plus jetables (on descend plus vite d’une trottinette que d’un deux roues), silencieux… commence à poser des problèmes. Sans doute, ces nouveaux usagers ont beaucoup moins de pratique de déplacement urbain qu’un cycliste régulier. Pour certains, l’amusement est peut-être la première motivation à brûler l’asphalte, quitte à ne pas respecter les autres usagers.

Dans une zone touristique comme l’Île de Ré, un rappel a été communiqué à tous les usagers des 138 km de pistes cyclables de l’île avec un dépliant pour rappeler aux cyclistes (et aux autres) de respecter le code de la route. Dix mille exemplaires d’un guide « Sécu-Rétais » sont distribués aux vacanciers de l’île.

Ce phénomène est mondial, et ne touche pas que notre territoire. Au Québec, les grincements de dents sur les pistes cyclables s’intensifient avec la prolifération de nouveaux engins électriques, dont des scooters et triporteurs électriques. Un cycliste, Jacques Mailhot, lance une pétition pour mettre fin à la multiplication des véhicules motorisés sur les pistes cyclables de Québec.

Alors, que faire ? Il paraît peu probable que ce développement des modes de déplacements alternatifs à la voiture s’estompe au fil des prochains mois…. On pourrait sans douter parier sans crainte sur l’inverse.

La solution vient sans doute d’accélérer encore davantage le développement d’infrastructures suffisamment confortables pour que chacun y trouve sa place, avec un peu de pédagogie et de dose de civisme parfois.

Et pour cela quoi de mieux qu’une concertation large entre les différents acteurs concernés pour trouver les meilleures solutions et collaborer pour un mode de vie apaisé où le vélo et les autres mobilités gagnent de nouveaux mètres à la voiture.

A Grenoble, un groupe de travail composé de bénévoles de l’Union de quartier Foch-Aigle-Libération et des parents d’élèves du secteur ont réalisé un document de référence, un « plan vélos-piétons » du quartier Foch-Alliés-Libération » qui a été remis en juin à la Métropole de Grenoble.

Un travail de fourmi sur toutes les rues, tous les carrefours de cette zone de 13000 habitants avec des partages compliqués sur des pistes mono-directionnelles par exemple. Un travail salué par la Métropole qui a déclaré : « La collectivité devrait, d’ici la fin de l’année, revenir vers les habitants pour leur présenter un calendrier de mise en œuvre des premiers travaux ».

Il semble qu’il soit urgent que ces groupes de travail se généralisent un peu partout… jusqu’à notre capitale avec un beau projet de RER Vélo porté là aussi par un collectif en attente d’une gouvernance collaborative.

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