Un « schéma des mobilités douces » voté en 2024
Mende est la préfecture de la Lozère, la plus petite préfecture de France, posée au bord du Lot, au pied du causse de Mende et entre les monts de la Margeride et du Goulet. Ville d’art et d’histoire au passé médiéval (cathédrale Notre-Dame, tour des Pénitents, pont Notre-Dame), elle vit aussi du tourisme et du plein air (randonnée, VTT, cols de la Lozère). Son relief — la ville est quittée et rejointe par des routes à forts pourcentages — est, avec le climat, l’une des contraintes majeures posées à la pratique du vélo.
Comment rouler à Mende
Grimper vers les causses
- Le schéma des mobilités douces de la Ville a été présenté puis voté en conseil municipal le 15 mai 2024, après un an et demi de concertation (réunions publiques, comité consultatif citoyen, questionnaire envoyé aux Mendois). Il comprend 25 actions : création d’itinéraires, développement de services vélo (bornes de recharge électrique, de réparation), communication et soutien financier aux particuliers, associations et entreprises (primes à l’achat de VAE).
- Le phasage se fait en deux temps :
- Phase 1 (automne 2024 – 2026) — réalisation de l’« épine dorsale » des berges du Lot, itinéraire continu de Ramilles à Fontanilles, et des premières liaisons transversales entre le centre ancien et les quartiers nord, sans modifier le plan de circulation général de la ville. C’est à cette phase que sont alloués 2 M€.
- Phase 2 (objectif final) — aménagements plus lourds sur les grandes avenues, avec création de pistes cyclables impactant le plan de circulation général (mise en place de sens uniques).
Le détail de la phase 1
- Chaussée à voie centrale banalisée (CVCB) sur la route du Chapitre (sur 800 m, du magasin Netto à la maison de la Fédération des chasseurs) : voie centrale à 30 km/h, deux rives latérales réservées aux cyclistes, les voitures se déportant sur les rives pour se croiser.
- Transformation du quai de la Grande Roubeyrolle en voie verte réservée aux mobilités douces, sans voitures(sauf riverains) — inaugurée le 13 septembre 2024.
- Rampe du Bressal vers la gare SNCF et liaison gare / quai de Berlière en voie mixte vélos-voitures.
- Bandes cyclables sur la montée de Fontanilles.
- Aménagement des rues Chanteronne et du Pont Notre-Dame (travaux engagés à l’automne 2025, achevés à l’hiver) sous forme de « vélo-rue » partagée piétons-voitures-vélos, avec trottoirs rénovés et suppression de quelques places de stationnement (compensées par 21 nouvelles places au parking du Pré Vival en 2024) ; l’objectif est de relier le centre ancien aux berges du Lot.
- Liaison vers les quartiers nord par le chemin des Églantiers, via l’Hôpital et raccordement à la rue Mandela.
- Voies mixtes vélos-voitures en zone 30 km/h pour assurer la continuité des liaisons.
- Stationnements vélos complémentaires (boucles, abris) installés un peu partout en ville, et signalétique des voies cyclables déployée dès l’hiver.
- Aménagement paysager du square du Bressal, avec un cheminement cyclable reliant le pont Notre-Dame à la gare : le circuit entre le complexe sportif du Chapitre et la gare doit ainsi être entièrement sécurisé.
Rouler au quotidien à Mende
Pourquoi c’est si compliqué à Mende
- L’étude préalable a montré que les Mendois effectuent en moyenne 5 km pour rejoindre leur lieu de travail — une distance cyclable. Mais les freins identifiés dans la concertation sont clairs : l’insécurité sur les grandes avenues, les pentes et le climat.
- Les avenues sont trop étroites pour des aménagements cyclables dédiés sans passer par des sens uniques ; les études de trafic montrent que cela créerait des engorgements aux heures de pointe (ronds-points de la Mendozèreet de la Berlière non dimensionnés). D’où le choix d’un schéma plus léger à court terme.
- Les grands itinéraires cyclables de la Lozère (véloroutes des gorges du Tarn et de la Jonte, cols, VTT) sont surtout touristiques ; le Schéma Directeur des Aménagements Cyclables du Département vise à intégrer le vélo comme moyen de déplacement du quotidien.
Relief : une ville où il faut « de bons mollets »
- Mende s’est construite dans le creux du Lot, cernée par les causses ; « quand on vit à Mende, il faut avoir de bons mollets », résume la presse locale, la préfecture se quittant ou se rejoignant par des routes à forts pourcentages. Les environs offrent les cols de la Lozère (dont la célèbre montée Jalabert, théâtre de la victoire de Laurent Jalabert au Tour de France 1995) : terrain de jeu du cyclotourisme, mais aussi dénivelés qui pèsent sur le vélo utilitaire.

