Mamoudzou

Chef-lieu de Mayotte et commune la plus peuplée du 101e département, Mamoudzou vit sous le règne des embouteillages, que le vélo pourrait soulager. Mais l’archipel part de très loin : quasi aucune infrastructure cyclable, une circulation perçue comme dangereuse, un chantier Caribus qui transforme Kawéni pour trois ans. Quelques premiers aménagements, une prime Avélo jusqu’à…

Code postal
97600

Relief, climat

Mamoudzou est le chef-lieu de Mayotte101e département français (DROM de l’océan Indien, canal du Mozambique) et sa commune la plus peuplée. Ville-port de Grande-Terre, elle fait face à Petite-Terre (Dzaoudzi) que l’on rejoint par barge, et concentre l’essentiel de l’activité économique et administrative de l’archipel. La commune rassemble des quartiers très divers — Mtsapéré, Kawéni (grande zone d’activités), Passamaïnty, Tsoundzou, Cavani, le carrefour Baobab… — sur un territoire en forte croissance démographique.

Comment rouler à Mamoudzou

Chaleur et relief

  • Très peu d’infrastructures cyclables existent à Mayotte : « il existe très peu d’infrastructures spécifiques (bandes ou pistes cyclables) et la circulation est perçue comme dangereuse ». Le sujet est porté à l’échelle du 101e département par un appel à projets « Aménagements Cyclables » de 400 000 € porté par les services de l’État (DEALM Mayotte), financé par le Plan France Relance, dans le cadre du PGTD (Plan global des transports et des déplacements).
  • Les embouteillages sont considérables, notamment dans Mamoudzou aux heures de pointe : le vélo y est présenté comme une alternative réelle et rapide. Des salariés traversent déjà la barge avec leur vélo le matin pour rejoindre leur travail à l’heure.
  • Un trajet Passamaïnty → centre de Mamoudzou est estimé à dix minutes à vélo, contre parfois une heure en voiture.

La CADEMA et le projet Caribus : structurer un réseau

  • La compétence « mobilités » est portée par la CADEMA (Communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou), avec la ville de Mamoudzou.
  • Le développement cyclable est adossé au grand projet de transport en commun en site propre (TCSP) Caribus: les pistes cyclables sont aménagées le long des voies destinées au Caribus. Une voie verte de 3 km** le long de ces voies avait été annoncée dès 2022.
  • État des lieux et objectifs (2024) : une piste existante relie Passamainty au rond-point de Baobab — « 5 kilomètres de pistes cyclables quasiment livrés », en réalité une voie mixte de 4 m de largeur ; à partir de fin 2024 – début 2025, 30 km de pistes cyclables supplémentaires devaient être ajoutés, équipés de séparateurspour sécuriser les cyclistes. Sont aussi prévues une piste de 3 km reliant Tsararano, Dembéni et Iloni et une piste à travers la mangrove de Kawéni. Les pistes doivent être éclairées et sécurisées par des agents municipaux.
  • Objectif affiché d’ici 2025 : finaliser la liaison Passamaïnty-Baobabcompléter une trentaine de kilomètres de pistes cyclables et lancer les études pour les tronçons complémentaires. Un vélo en libre-service était envisagé « plutôt pour 2025 » (jugé gourmand en budget et en attention).
  • Une piste cyclable de Mamoudzou relie le village de Tsoundzou 1 à Mtsapéré.

Rouler au quotidien à Mamoudzou

Aides, services et animations

  • Prime Avélo de la CADEMA : engagée en 2021 (budget 30 000 €), poursuivie en 2022 (50 000 € supplémentaires). Subvention pour l’achat d’un vélo neuf, modulée selon le revenu : subvention normale 30 % plafonnée à 150 € (vélo classique) / 300 € (VAE) ; subvention bonifiée 70 % plafonnée à 300 € (classique) / 600 € (VAE). Elle est présentée comme la réponse à « une congestion urbaine croissante, notamment polarisée autour de Mamoudzou ».
  • Vélos en libre-service : en mai 2026, une mise à disposition de vélos en libre-service pour les usagers du Caribus (ligne 1) a été testée à Passamaïnty et au carrefour Baobab.
  • 16 vélos à assistance électrique ont été loués par la CADEMA (société Mob’Hélios) et mis à disposition de ses agents pour le trajet domicile-travail (2024).
  • Fête du vélo organisée depuis 2021 par la CADEMA et la ville. Mai à Vélo (déclinaison nationale) pour la première fois en mai 2026 : balades encadrées, initiations enfants/adultes, ateliers réparations, actions de partage de la route.
  • « Savoir rouler à vélo » : opération lancée le 13 juillet par la Caisse des écoles de Mamoudzou avec le soutien de l’État (ANCT), de la CSSM, de la Ville et de la CADEMA ; 110 jeunes sensibilisés77 attestations remises (août 2026). Des ateliers de réparation sont également prévus pour louer, acheter ou réparer des vélos.
  • Initiatives privées et associatives : location de vélos électriques Mayotte e-vélos (dès 2015, par un moniteur d’auto-école) ; Réseau des Amoureux du Vélo 976 (RAMAV 976), créé en juillet 2025 ; implications d’Olemi, des Apprentis d’Auteuil, de Cocotier rigolo, du Fuzz Ellipse club ; associations de marche (Amis Raid Rando MayotteMaoré Rando).

Relief, climat et sécurité : les vraies contraintes

  • Grande-Terre est une île volcanique au relief accidenté (collines, monts, ravines) ; le cœur de Mamoudzou s’étend sur un littoral relativement plat, mais les liaisons entre quartiers et les sorties de ville comportent de vraies montées.
  • Le climat tropical chaud et humide et la saison des pluies pèsent sur le confort et la pratique quotidienne.
  • Surtout, la sécurité routière est le premier frein : trafic dense, deux-roues motorisés nombreux, chaussées dégradées, violences urbaines. La CADEMA le reconnaît et mise sur la sensibilisation, l’éclairage, le gardiennage et les ateliers.

Le chantier Caribus à Kawéni (2026)

  • Le chantier du Caribus à Kawéni s’étale sur trois ans et bouleverse la circulation entre Mamoudzou et Kawéni, zone dense. En août 2026, le maire de Mamoudzou et président de la CADEMA, Ambdilwahedou Soumaila, a parcouru la zone à vélo pour montrer l’exemple et inciter à laisser la voiture.
  • La réalité du terrain reste dure : il n’existe pas de piste cyclable dans Kawéni, et ajouter des cyclistes sur une chaussée encombrée « pourrait s’avérer dangereux ». Les voies réservées aux bus sont, à ce stade, inexistantes ou occupées par les automobilistes. Les alternatives invoquées : réseau de navettes gratuites M’safara, taxis, taxis-brousse, covoiturage, vélo et marche (Kawéni-Mamoudzou en une dizaine de minutes à pied).

Sources et ressources utiles

Actualités de la commune

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